La renaissance de la langue bretonne.

27 07 2007

La renaissance de l’hébreu dans l’état d’Israël doit être source d’inspiration pour ceux qui ne veulent point voir mourir la dernière langue celtique parlée du continent européen.   Voici un texte écrit par Texier Romuald et Mark Kermain sur le   passé, présent et le futur du Breton pour le site Kervaker:

Histoire (résumée) de la langue Bretonne. 

L’histoire de la langue bretonne commence avec l’apparition des Bretons dans l’île de Bretagne au 6ème siècle avant JC. Ces peuples celtes succédaient ainsi aux Goidels (ou Gaels) et aux Pictes. Après la vaine tentative d’invasion de la Bretagne par César en 56 avant JC, c’est un siècle plus tard, en 60, que les Romains prirent pied dans l’île et soumirent les Bretons. Mais contrairement aux Celtes du continent (Gaulois) les Bretons surent conserver leur langue.  

De Bretagne en Armorique 

A la chute de l’empire romain, des vagues successives de bretons émigrèrent en Armorique et y fondèrent des royaumes qui bientôt s’unirent sous Nominoë contre l’ennemi Frank (845 bataille de Ballon).   Dans l’île de Bretagne, les royaumes bretons s’écroulaient peu à peu sous la poussée saxonne, et leurs combats donnèrent naissance à la légende arthurienne. 

 Cette langue bretonne ancienne, ou brittonique, que l’on parlait du sud de l’Ecosse à l’embouchure de la Loire (de Dumbarton à St Nazaire) se divisa alors en 3 branches: le gallois et le cornique dans l’île, et le breton proprement dit sur le continent, d’où disparaissait le gaulois.  

Du brittonique au breton 

L’histoire de la langue bretonne se divise en 3 périodes :  

 1.       celle du vieux breton avant l’an 1000 ; de cette époque (fin du VIII ème siècle) date le plus ancien manuscrit en langue bretonne, conservé à Leyde (Pays-Bas), antérieur de près d’un siècle au plus ancien texte répertorié en français ;   2.       celle du moyen breton, de l’an 1000 au XVII ème siècle, qui verra l’édition du Catholicon de Jehan Lagadeuc, premier dictionnaire breton-français-latin en 1499 ;    3.       celle du breton moderne, qu’illustrera au XIX ème la parution du Barzaz Breiz de La Villemarqué (1849).  Au début du 20 ème siècle, la littérature s’honorera des noms de Malmanche pour le théatre et de Kalloc’h pour la poésie. Puis le mouvement GWALARN, fondé par Roparz Hemon, sera à l’origine d’une littérature bretonne moderne, avec le conteur Jakez Riou et les romanciers Abeozen et Youenn Drezen.   Après la dernière guerre, la revue littéraire Al Liamm reprend le flambeau de Gwalarn et continue, avec d’autres, la publication des oeuvres de nouveaux écrivains.  

Le Breton moderne 

En 1908 eu lieu la première unification orthographique, celle des 3 dialectes de Cornouaille, Leon et Tregor (KLT), alors que le Vannetais conservait sa graphie.   En 1941 eu lieu une deuxième unification orthographique avec les Vannetais (KLTG). Cette orthographe unifiée est celle qui est aujourd’hui adoptée par la grande majorité des publications et des enseignants de breton. Elle est caractérisée par l’emploi, du zh, dans Breizh et brezhoneg par exemple.  

Statut du breton dans l’éducation 

En 1951, la loi Deixonne autorisait l’enseignement du breton, jusque-là interdit.   En 1976, était créée la première école maternelle DIWAN, avec une 1/2 douzaine d’élèves. Diwan scolarise en 1994 plus de 1500 élèves de la maternelle au collège, et prévoit l’ouverture de nouvelles écoles et collèges tout en préparant l’ouverture d’un lycée. En 2000, l’association compte un lycée et trois collèges.   En 1978 l’enseignement du breton était autorisé comme LV2, puis comme LV3 en 1982.   En 1981 la licence de breton était créée, en 1986 le CAPES, mais il fallait attendre 1989 pour obtenir la création du DEUG.  En 1993 les gouvernements français successifs, de gauche et de droite, refusent de signer la Charte européenne des Langues Minoritaires et de reconnaître les Droits Linguistiques des bretons.   Après ceux de Diwan, les collégiens de la filière bilingue du collège Charles Le Goffic de Lannion se sont vu refuser le droit de passer l’épreuve d’histoire et géographie du brevet des collèges en breton.  

Dans les médias 

S’il existe des émissions de radio et de télévision en breton, il n’y a toujours pas de chaînes émettant en breton, comme en gallois au Pays de Galles par exemple.   À la radio des chaînes locales diffusent plusieurs heures de breton par semaine, mais sans perspectives de développement.  À la télévision moins d’une heure hebdomadaire, régulièrement diminuée à l’occasion d’événements sportifs, est loin de satisfaire le public bretonnant. Il n’existe pas d’émissions pour enfants ni pour les personnes apprenant la langue. A noter que F3 touche en plus de la redevance des subventions du conseil général du Finistère ainsi que du conseil régional pour le développement de ces émissions. Résultats : aucun. Où va l’argent ?  

Dans la vie publique. 

Il n’y a pas de statut officiel pour le breton dans la vie publique. Et le fait que tous les gouvernements, de gauche ou de droite, ont toujours refusé l’idée même d’un débat au Parlement sur un statut des langues dites « régionales » en dit long sur le degré d’ouverture des pouvoirs publics sur un tel sujet.   D’après la Constitution (révisée) de la Vème République, « le Français est la langue de la République ». La langue bretonne serait donc un anachronisme de l’Ancien Régime, et l’on se souviendra du discours de Barrère à la Convention : « la superstition parle bas-breton ». Le français bénéficie donc, contrairement au breton qui n’existe pas légalement, de la protection de la constitution et des lois, car si tous les citoyens sont égaux, une seule langue est plus égale que les autres.  La loi de 1975 qui protège le français est utilisée contre le breton, comme d’ailleurs jusqu’ici l’édit royal de Villers-Cotterêts de 1539, par les tribunaux républicains d’aujourd’hui. L’utilisation de la langue bretonne dans les documents juridiques et commerciaux, ainsi que dans la publicité est contraire à la loi française. Les factures ou les affiches de festoù-noz en breton sont donc illégales.  

Le breton hors-la-loi 

Le breton est ainsi, et tous ceux qui le parlent avec lui, formellement « hors-la-loi ». La France, qui reconnaît les droits des minorités ethniques et linguistiques, sauf sur son sol, a toujours refusé de signer l’article 27 de la Déclaration des Droits Civils et Politiques qui l’obligerait à respecter les droits linguistiques des bretonnants. De même, elle refuse aujourd’hui de signer la Charte Européenne des langues minoritaires autochtones.

 

Son destin est entre nos mains!  Gant hir amzer A-benn eus pep tra e teuer

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