La Bretagne, ses Juifs et la Shoah.

13062009

 Annie Lambert et Claude Toczé, Les Juifs en Bretagne

Presses universitaires de Rennes.

S’il est bien un sujet qui fâche encore de nos jours les Bretons régionalistes ou les associations bretonnes, défendant à juste raison la langue bretonne, langue en voie de disparition,voir ce site : http://ouiaubreton.com/ ,c’est bien l’implication des bretons autonomistes dans la collaboration avec le gouvernement de Vichy ou pire encore, d’intelligence active avec les Nazis,la liste de ces hommes est longue et sans ambages.  

 Impossible de traiter le sujet rationnellement sans se faire pointer du doigt, ou  de se faire rétorquer, que les historiens cités ne sont pas sérieux puisque que… communiste! … 

Ma doué beniket !

Heureusement qu’ils ne sont pas francs-maçons ou Juifs ou les trois à la fois!    Sérieusement, le sujet  étant  sensible et sérieux, il convient d’établir clairement les faits sans édulcorer les biographies  de ces bretons militants, qui écrivaient sans complexes dans des journaux antisémites ou  étaient les signataires d’articles virulents contre les Juifs… et qui, après guerre reçurent les honneurs d’associations, de comités, curieusement amnésiques sur le passé de leur hérault.  Le livre présenté ici n’est pas un livre vengeur, mais un livre  d’une objectivité sans détours, sans concessions pour la Bretagne et les Bretons                                                nantessynagogue.bmp                                                           Titulaires d’un DEA, ayant déjà publié Etre juif à Nantes sous Vichy (Siloé, 1994), les auteurs analysent les aspects et les conditions de la présence juive dans la Bretagne historique, du Moyen Age à 1945. On trouve la première mention d’une implantation dans une source religieuse du Ve siècle, à travers l’interdiction faite aux clercs de partager le repas des Juifs (concile de Vannes, vers 465). Au Moyen Age, les Juifs, très peu nombreux, participent à l’activité économique, comme marchands et prêteurs ; pour cette raison, ils peuvent subir avanies et vengeances. Nantes abrite leur communauté la plus active. Mais en 1240, par l’ordonnance de Ploërmel, le duc Jean Ier le Roux bannit les Juifs de Bretagne. Durant les siècles suivants, c’est l’activité marchande, très localisée (Nantes, Saint-Malo) qui fixe des petites communautés juives. Nantes, pour sa part, a accueilli des Juifs expulsés d’Espagne ou du Portugal. L’autorité reste attentive et l’on voit même, en 1780, le Parlement de Rennes expulser les Juifs étrangers à la Bretagne. Partout en France, la Révolution fait du Juif établi un citoyen, puis Napoléon donne à cette minorité une structuration. En Bretagne, l’effectif demeure modeste : près de 80 en 1808, autour de 200 en 1851, 215 en 1872 (dont plus de la moitié en Loire-Inférieure). Interrogeant l’imaginaire breton, les auteurs notent qu’à côté d’un récit visiblement antisémite publié par le journal Le Lannionnais en 1862-63 (La Légende du mineur), nombre de complaintes de la tradition populaire bretonne font du « Juif errant » -représenté aussi par les peintres et les graveurs- un personnage plutôt positif qui incarnerait d’une certaine façon l’humanité souffrante.  La Bretagne n’échappe pas à la vague d’antisémitisme qui se répand à partir des années 1880, le sort d’Alfred Dreyfus constituant bientôt un prétexte et un enjeu. Croisant avec maestria les apports de travaux antérieurs de qualité(Pierre Birnbaum, Jean Guiffan, Colette Cosnier, André Hélard) et d’autres trouvailles d’archives –dont la presse-, les auteurs démontent les mécanismes de la violence organisée, en particulier après la publication de « J’accuse » et au moment du second procès Dreyfus à Rennes. Pour Nantes, en janvier 1898, ils parlent d’une « atmosphère de pogrom » et décrivent les attaques de magasins juifs, les intimidations exercées sur leurs clients, la publication de listes vouant des Nantais juifs à la vindicte ; tandis que l’établissement de listes similaires peut permettre aux autorités de protéger des citoyens menacés. Dans ce combat pour la justice, on remarque le rôle décisif tenu par des universitaires rennais juifs de réputation nationale comme Henri Sée et Victor Basch. Ce n’est pas un hasard si près des trois quarts du livre sont consacrés à la période la plus contemporaine, de 1920 à 1945. Tout d’abord, des pages fort convaincantes analysent l’antisémitisme de certains courants autonomistes bretons, depuis l’entre-deux-guerres. Très instruits des travaux sur le « mouvement breton », C. Toczé et A. Lambert ne logent pas tout le monde à la même enseigne et concentrent leurs investigations sur la mouvance la plus radicale, le Parti National Breton (PNB) de Mordrel et Debeauvais, et sur la prose xénophobe et antisémite contenue dans Breiz Atao (Bretagne toujours), Stur (Le Gouvernail), puis dans L’Heure bretonne. Ce passionnant chapitre 7 de la 1ère partie va logiquement jusqu’en 1944 et s’intitule « Les Juifs boucs émissaires des partisans d’une « société bretonne uniraciale ». La violence du ton n’a fait que s’accentuer, car, dans un article de 1933, Olier Mordrel, chef de ces extrêmistes, s’inquiétait de voir l’idée d’antisémitisme incomprise en Bretagne « où nous ne possédons peut-être pas plus de 2000 Juifs sur une population de plus de 3 millions d’habitants. » Les auteurs montrent bien qu’au-delà de théories racistes connues en Europe dès la fin du XIXe siècle, et au-delà des constructions linguistiques fumeuses d’une pseudo « race aryenne », ces idéologues ont vite rejoint les thèses de la hiérarchisation des races et du totalitarisme spécifiques du nazisme. Mais ils n’ont reçu dans la population de Bretagne qu’une audience fort limitée. Comme une ouverture à l’étude de la Seconde guerre mondiale, nous trouvons l’opportun rappel de l’épisode, vécu très concrètement à Saint-Nazaire, du départ et du retour du paquebot « Flandre » (1939), signe déjà des menaces graves pesant sur les Juifs cherchant à quitter l’Allemagne et l’Europe. 

Quant au sort dramatique des Juifs présents sur le sol de la Bretagne entre 1940 et 1944, il est exposé magistralement, pour les raisons suivantes : de longues années de recherches d’archives et d’imprégnation bibliographique, des entretiens avec des témoins, la volonté de situer la Bretagne dans le contexte national, et même européen, celui de l’ « ordre nazi ». La construction du récit historique intègre toujours les indispensables repères législatifs (statut des Juifs d’octobre 1940, puis de juin 1941, textes sur l’aryanisation, etc.), et distingue les mesures françaises des mesures allemandes. La mise à l’écart des fonctionnaires juifs par la révocation, la réalisation pratique de l’aryanisation, le rôle des administrateurs provisoires, celui des experts, les conditions des spoliations, l’attitude plus courageuse d’un préfet et d’un sous-préfet : autant de domaines dans lesquels les auteurs nous apprennent tout. De même au sujet des arrestations, des rafles et des déportations.

Avec toutes les réserves qu’il convient d’exprimer, la Shoah aurait donc fait, parmi les quelque 2000 Juifs recensés, en octobre 1940, dans les cinq départements de la Bretagne historique, au moins 462 victimes, dont 72 enfants et adolescents déportés à Auschwitz et, pour quelques-uns, à Sobibor. 

Ce bilan apparaît particulièrement lourd en Ille-et-Vilaine (35%) et dans le Morbihan (38%), la moyenne pour la France entière étant estimée à 25%.

Liste  (non exhaustive) des déportés juifs de loire-inférieure de 1942 à 1944:

http://pagesperso-orange.fr/memoiredeguerre/deportation/44/deport-juifs-44.htm

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Renan le breton philosémite.

10062009

                                                         Renan 

 

S’il est bien une personnalité bretonne du 19ème siècle passionante et attachante , c’est bien celle de l’écrivain, philosophe et historien né à Tréguier, Ernest Renan que l’on pourrait nommer philosémite (terme problèmatique) au contraire de Lamennais:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Renan

Curieusement, il rejoint par son message humaniste d’alors la pensée et les réflexions de nos contemporains.

Voilà ce qu’il écrivait il y a un siècle et demi à propos du peuple Juif, de sa destinée, de son futur:

Jérusalem, une maison de prière pour toutes les nations » Israël a été la tige sur laquelle s’est greffée la foi du genre humain. Nul peuple autant qu’Israël n’a pris sa destinée au sérieux ; nul n’a senti si vivement ses joies et ses douleurs de nation ; nul n’a plus vécu pour une idée. Israël a vaincu le temps et usé tous ses oppresseurs. Le jour où une fausse nouvelle fit célébrer un an trop tôt la prise de Sébastopol, un vieux juif de Pologne, qui passe ses journées à la bibliothèque impériale, plongé dans la lecture des manuscrits poudreux de sa nation, m’aborda en me citant ce passage d’Isaïe : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone !

  » La victoire des Alliés n’était à ses yeux que le châtiment des violences exercées contre ses coreligionnaires par celui qu’il appelait le Nabuchodono¬sor et l’Antiochus de notre temps. Je crus voir devant moi, dans ce triste vieillard, le génie vivant de ce peuple indestructible. Il a battu des mains sur toutes les ruines ; persécuté par tous, il a été vengé de tous : il ne lui a fallu pour cela qu’une seule chose, mais une chose que l’homme ne se donne pas à lui-même, durer. C’est par là qu’il a réalisé les plus hardies prédictions de ses prophètes : le monde qui l’a méprisé est venu à lui ; Jérusalem est vraiment à l’heure présente « une maison de prière pour toutes les nations ». Également vénérée du Juif, du Chrétien, du Musulman, elle est la ville sainte de quatre cents millions d’hommes, et la prophétie de Zacharie s’est vérifiée à la lettre : « En ce temps-là, dix hommes s’attacheront au pan de l’habit d’un juif en lui disant :

Nous irons avec vous, car nous avons entendu dire que le seigneur est avec vous ! » Études d’histoire religieuse, p. 131,

Jérusalem, une maison de prière pour toutes les nations 

Ce souhait est aujourd’hui concrétisé  dans la jérusalem nouvelle, capitale éternelle du peuple juif, ouverte à toutes les croyances du monde entier.




Les Juifs en « Palestine » une présence discontinue.

29052009

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A une époque où il est de bon ton de remettre constamment en question la légitimité juive en Israël, la découverte d’un ouvrage historique capital sur cette question, écrit au XVII ème siècle, apporte un nouvel éclairage de la plus haute importance.

“Voyage en Palestine“, est le titre d’une œuvre écrite en 1695, par Hadrian Reland (ou Relandi), cartographe, géographe, philologue et professeur de philosophie hollandais. Le sous-titre de l’ouvrage, rédigé en Latin, s’intitule : “Monumentis Veteribus Illustrata”, édité en 1714 aux Editions Brodelet.

Cette belle histoire commence de façon quasi anecdotique, dans un rayon d’une librairie de Budapest, qui renferme des antiquités littéraires, dont une partie concerne le judaïsme : d’anciennes reliques, usées par le temps mais de grande valeur historique (et monétaire), parfois manuscrites, probablement dérobées, issues d’anciennes synagogues. Cette pièce peut aujourd’hui être consultée à l’Université de Haïfa.

L’auteur de cet ouvrage, l’un des premiers orientalistes, connaissait les langues, hébraïque, arabe et  grecque (ancien).

En 1695, Relandi (ou Reland) est envoyé en voyage d’études en Israël, en Palestine d’alors, pour un objectif bien spécifique : recenser plus de 2500 lieux (villes et villages) apparaissant dans le texte du Tanah (Bible) ou de la Michna, dans leur appellation originelle. A chaque fois, Reland y mentionne le nom hébraïque tel qu’il apparaît dans le texte et le verset exact auquel il se réfère. Reland y fait également figurer son équivalent en Latin-Romain ou Grec ancien.

Outre ce remarquable travail linguistique, l’auteur opère surtout un recensement de l’époque, pour chaque localité visitée : d’abord une considération d’ordre général spécifiant que la terre d’Israël d’alors est pratiquement déserte, très peu peuplée. La majorité de ses habitants se concentre alors dans les villes de Jérusalem, Acco (Acre), Tsfat (Safed), Yafo (Jaffa), Tveria (Tibériade) et Aza (Gaza). Surtout, le constat établi par le géographe conclut à une présence dominante de Juifs sur cette terre, quelques Chrétiens et très peu de Musulmans, dont la plupart étaient des Bédouins.

Quelques remarques extraites de cette passionnante étude :

  • Aucune localité d’alors ne propose de nom ou de source arabe
  • La grande majorité de ses villes ou villages possède un nom hébreu, quelques-uns en Grec ou Latin-Romain
  • Pratiquement aucune ville qui possède aujourd’hui un nom en arabe n’en possédait à l’époque : ni Haïfa, ni Yafo, ni Naplouse (Shehem), Gaza ou Djénine.
  • Aucune trace dans les recherches de Reland de sources historiques ou philologiques établies aux noms arabes, plus tardifs, de Ramallah, Al Halil (Hébron) ou Al Qods (Jérusalem)
  • En 1696, Ramallah s’appelle “Beteïlé” (du nom hébreu “Bet El”), Hévron s’appelle … Hévron et Méarat Hamahpéla (Caveau des Patriarches) : Al Halil, du nom donné à Avraham Avinou en arabe.
  • La plupart des villes étaient composées de Juifs, à l’exception de Naplouse (Shehem) qui comptait 120 personnes issues d’une même famille musulmane, les “Natashe”, ainsi que 70 Samaritains
  • A Nazareth, en Galilée, une ville entièrement Chrétienne : 700 Chrétiens
  • A Jérusalem, plus de 5000 habitants, dont la plus grande majorité est juive, et quelques Chrétiens. Reland n’évoque que quelques familles bédouines musulmanes isolées, composées d’ouvriers temporaires saisonniers, dans les domaines de l’agriculture ou de la construction.
  • A Gaza, près de 550 personnes, 50% de Juifs et 50% de Chrétiens. Les Juifs étaient essentiellement spécialisés dans l’agriculture : la vigne, les olives et le blé (Goush Katif). Les Chrétiens s’occupant davantage de commerce et transport des différents produits de la région 
  • Tibériade et Safed étaient de localités juives. On sait surtout que la pêche du Lac de Tibériade constituait le principal emploi de l’époque.
  • Une ville comme Oum El Fahem par exemple était complètement chrétienne : 10 familles

L’une des conclusions qui découle de ces recherches est la contradiction définitive et rédhibitoire apportée aux arguments arabes, à savoir l’affirmation d’une légitimité palestinienne ou même d’un “peuple palestinien”.

On en veut pour preuve le fait même qu’un nom donné par les romains à l’antique Judée-SAmarie, celui de “Palestine”, ait été repris à son compte par le camp arabe…Hors pour comble d’ironie, les Philistins sont un peuple indo-européen venant de Crète(racine, P.L. SH. qui signifie envahisseur en langue sémitique!!!!)

Il faudrait aussi citer le grand écrivain Breton Chateaubriand, qui écrit que Jérusalem  est fortement juive dans ses murailles lorsque celui-ci la visite en 1806, puis majoritairement juive en 1848 lorsque le califat ottoman opère un recensement, Naplouse (ex Sichem), Hébron, Safed et Tibériade.

No comment.




Le breton, langue anachronique, ringarde?

14022009

Voici une interview de David Belhassen de notre association, réalisée par la radio francophone israélienne Eretz FM 

                                            belhassen.jpg

http://www.wmaker.net/eretzfm/David-Belhassan-un-linguiste-militant_a31.html

David Belhassen est scénariste, linguiste et conférencier, israélien né en Tunisie. .




Oulpan

3012009

L’oulpan, littéralement le studio en hébreu, est une méthode particulière d’enseignement de la langue hébraïque qui a été mise en place en Israël pour tout nouvel immigrant.  

C’est un enseignement intensif qui dure cinq mois, cinq jours par semaine, au total cela constitue environ 500 heures de cours, il existe différentes formules selon que l’ont soient étudiants, seniors etc.    

L’oulpan est bâti sur le principe de la conversation, le vocabulaire acquis par la démonstration sous formes de tournures idiomatiques et d’expressions. 

Chaque chapitre du programme d’études est construit autour d’une situation pratique de la vie quotidienne.    L’intégration en Israël sera facilitée par l’apprentissage de la langue, ne serai-ce que pour y travailler, mais celui ou celle qui maitrisera cette extraordinaire langue sera émerveillé de pouvoir lire les psaumes  ou l’ecclésiaste tel que le scribe l’a  écrit voilà des milliers d’années… 

  Il est à noté qu’il existe une méthode  oulpan d’étude du breton,

http://www.arbedkeltiek.com/galleg/livres/oulp

et que des enseignants en langue bretonne furent  délégués  en Israël a l’oulpan Akiva, 

http://www.ulpan-akiva.org/home

afin d’apprendre les rouages de cet enseignement particulier et qui a fait ses preuves!

Notre monde est une tour de Babel, plus on comprend de langue,  mieux on perce ses mystères!

Alors bon courage, que ça soit pour apprendre le Breton, l’hébreu ou tout autre langue.

Shalom שלום לכם

Kenavo

Nétanel Hazo relatant son expérience de l’oulpan:

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Simone Weil et la Bretagne.

16092008

Simone Weil et la Bretagne

 

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LONDRES — La philosophe Simone Weil (Paris, 1909 – Ashford, 1943) – qui n’a aucun rapport avec Simone Veil (née, elle, à Nice en 1929), ancienne ministre de Valéry Giscard d’Estaing et ancienne présidente du Parlement Européen de 1979 à 1982 – a écrit des phrases très fortes à propos de la Bretagne (et également de la Corse) qu’il est intéressant de rappeler à l’approche du centenaire de sa naissance.Née dans une famille juive française, cette jeune fille brillante et généreuse entra à l’École Normale Supérieure et obtint l’agrégation de philosophie en 1931. Elle s’engagea dans une carrière d’enseignante qui la mena dans plusieurs lycées successifs, mais, en 1934, elle se fit mettre en disponibilité pour aller travailler comme ouvrière à la chaîne chez Renault, afin de connaître vraiment la condition ouvrière de l’intérieur. En 1941, elle allait aussi être ouvrière agricole. Sa mauvaise santé l’obligea à revenir dans l’enseignement en 1935, mais, en 1936, elle partit prendre part à la Guerre d’Espagne en s’engageant dans le camp républicain. Un voyage en Allemagne au début des années 30 lui avait fait prendre conscience de la terrible menace que le national-socialisme représentait pour les Juifs et pour la démocratie.Obligée de fuir Paris en 1940 à l’approche de la Wehrmacht, elle gagna Marseille et, en 1942, elle put se rendre aux États-Unis avec ses parents pour les mettre en sécurité, mais, au lieu de rester elle-même outre-Atlantique, elle gagna l’Angleterre et mit son intelligence au service de la France libre comme rédactrice. Âme ardente, Simone Weil demanda à rejoindre la Résistance intérieure, ce qui lui fut refusé en raison de son origine juive qui lui aurait valu une mort certaine, et de son état de santé. Désespérée de ne pouvoir combattre et minée par la tuberculose, elle mourut en 1943 à l’hôpital d’Ashford.Simone Weil avait été une syndicaliste active, une militante communiste (mais anti-stalinienne) et une ardente pacifiste ; un long cheminement personnel l’amena aussi à la foi chrétienne, tout en restant très critique par rapport à l’institution ecclésiale.

La faillite de la IIIe République, l’écroulement soudain et incroyable de l’armée française en mai-juin 1940 et le désastre moral que constituait la collaboration exigeaient de reconstruire le pays sur des bases nouvelles à sa libération. Dans la France Libre comme dans la Résistance, beaucoup réfléchissaient à une réorganisation du pays sur des bases politiques et économiques nouvelles.

C’est dans ces circonstances que Simone Weil rédigea à Londres un texte immense, resté inachevé à sa mort, qui se voulait une contribution à ce travail destiné à construire la France de demain : « L’Enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain ».

Elle y menait une réflexion de fond sur la réalité de la France, sur son histoire, sur l’idée de patrie et de patriotisme, faisant montre d’une immense culture historique et d’une lucidité exceptionnelle. Ce message d’espoir d’une jeune femme de 34 ans qui allait bientôt mourir, reste toujours d’une grande actualité. Elle écrivait ainsi :

« Les Bretons furent désespérés quand leur souveraine Anne fut contrainte d’épouser le roi de France. Si ces hommes revenaient aujourd’hui, ou plutôt, il y a quelques années, auraient-ils de très fortes raisons pour penser qu’ils s’étaient trompés ? Si discrédité que soit l’autonomisme breton par la personne de ceux qui le manœuvrent et les fins inavouables qu’ils poursuivent, il est certain que cette propagande répond à quelque chose de réel à la fois dans les faits et dans les sentiments de ces populations. Il y a des trésors latents dans ce peuple, qui n’ont pas pu sortir. La culture française ne lui convient pas ; la sienne ne peut pas germer ; dès lors il est maintenu tout entier dans les bas-fonds des catégories sociales inférieures. Les Bretons fournissent une large part des soldats illettrés ; les Bretonnes, dit-on, une large part des prostituées de Paris. L’autonomie ne serait pas un remède, mais cela ne signifie pas que la maladie n’existe pas… »

et elle avait aussi conscience de l’intérêt des relations interceltiques :

« … Il pourrait s’établir des milieux pour la circulation des pensées, plus vastes que la France et englobant ou liant certains territoires français à des territoires non-français. Ne serait-il pas naturel, par exemple que, dans un certain domaine, la Bretagne, le Pays de Galles, la Cornouaille, l’Irlande, se sentent des parties d’un même milieu… »

et, plus loin, elle souligne :

« Il n’y a échange que si chacun conserve son génie propre, et cela n’est pas possible sans liberté. »
Simone Weil avait aussi une vision originale de la question corse :

« Paoli, le dernier héros corse, dépensa son héroïsme pour empêcher son pays de tomber aux mains de la France. Il y a un monument en son honneur dans une église de Florence ; en France, on ne parle guère de lui. La Corse est un exemple du danger de contagion impliqué par le déracinement. Après avoir conquis, colonisé, corrompu et pourri les gens de cette île, nous les avons subis sous forme de préfets de police, policiers, adjudants, pions et autres fonctions de cette espèce, à la faveur desquelles ils traitaient à leur tour les Français comme une population plus ou moins conquise. Ils ont ainsi contribué à donner à la France auprès de beaucoup d’indigènes des colonies une réputation de brutalité et de cruauté… »

Et elle ajoutait encore :

« Quand on loue les rois de France d’avoir assimilé les pays conquis, la vérité est surtout qu’ils les ont dans une large mesure déracinés… »

 

Merci à Bernard Lenail de m’avoir autorisé à publier son article paru sur le site Agence Bretagne Presse. 




Martin luther King, Quarante ans déjà…

4042008

 מרטין לותר קינג: 40 שנה לרצח
Martin luther King, Quarante ans déjà... spc

Voilà quarante ans que le pasteur Martin Luther King, le chantre de l’égalité  entre blancs et noirs, des droits civiques, a été assassiné jour pour jour. 

L’association “Bretagne-Israël”,  lui rend hommage en publiant l’un de ses magnifiques textes sur un sujet qui est encore très actuel… 

Extraits des écrits du Dr Martin Luther King:

« … Tu déclares, mon ami, que tu ne hais pas les Juifs, que tu es seulement antisioniste. A cela je dis, que la vérité sonne du sommet de la haute montagne, que ses échos résonnent dans les vallées vertes de la terre de Dieu : Quand des gens critiquent le sionisme, ils pensent Juifs, et ceci est la vérité même de Dieu.

 » L’antisémitisme, la haine envers le peuple juif, a été et reste une tache sur l’âme de l’humanité. Nous sommes pleinement d’accord sur ce point. Alors sache aussi cela : antisioniste signifie de manière inhérente antisémite, et il en sera toujours ainsi.

 Pourquoi en est-il ainsi? Tu sais que le Sionisme n’est rien moins que le rêve et l’idéal du peuple juif de retourner vivre sur sa propre terre. Le peuple juif, nous disent les Ecritures, vécut en union florissante sur la Terre Sainte, sa patrie. Ils en furent expulsés par le tyran de Rome, les mêmes Romains qui assassinèrent si cruellement Notre Seigneur. Chassé de sa patrie, sa nation en cendres, le peuple juif fut forcé d’errer sur le globe.

 Encore et encore, le peuple juif souffrit aux mains de chaque tyran qui vint à régner sur lui. « Le peuple noir, sait, mon ami, ce que signifie souffrir les tourments de la tyrannie, sous un joug que l’on n’a pas choisi.

Nos frères en Afrique ont supplié, plaidé, demandé, EXIGE la reconnaissance et la réalisation de leur droit naturel de vivre en paix sous leur propre souveraineté, dans leur propre pays.Pour quiconque chérit ce droit inaliénable de toute l’humanité, il devrait être si facile de comprendre, de soutenir le droit du Peuple Juif à vivre sur l’antique Terre d’Israël.

Tous les hommes de bonne volonté se réjouiront de la réalisation de la promesse de dieu, que son Peuple retourne dans la joie sur la terre qui lui a été volée. C’est cela le Sionisme, rien de plus, rien de moins.Et qu’est l’antisionisme ? C’est le déni au peuple juif d’un droit fondamental que nous réclamons à juste titre pour le peuple d’Afrique et accordons librement à toutes les nations de la terre. C’est de la discrimination envers les Juifs, mon ami, parce qu’ils sont Juifs. En un mot, c’est de l’antisémitisme.L’antisémite se réjouit de chaque occasion qui lui est donnée d’exprimer sa malveillance. L’époque a rendu impopulaire, à l’Ouest, de proclamer ouvertement sa haine des Juifs.

 Ceci étant le cas, l’antisémite doit à chaque fois inventer de nouvelles formes et de nouveaux forums pour son poison. Combien il doit se réjouir de la nouvelle mascarade! Il ne hait pas les Juifs, il est seulement antisioniste.Mon ami, je ne t’accuse pas d’antisémitisme délibéré. Je sais que tu ressens, comme je le fais, un profond amour pour la vérité et la justice, et une révulsion envers le racisme, les préjugés, la discrimination.

Mais je sais que tu as été trompé, comme d’autres l’ont été, en te faisant croire que tu pouvais être antisioniste tout en restant fidèle aux principes que nous partageons toi et moi du fond du coeur.

 Que mes paroles sonnent dans les profondeurs de ton âme : quand les gens critiquent le sionisme, ne te trompe pas, ils pensent les Juifs. « Extrait de M.L. King Jr., « Letter to an Anti-Zionist Friend, » – Saturday Review_XLVII (Aug. 1967), p. 76. Reprinted in M.L. King Jr., This I Believe: Selections from the Writings of Dr. Martin Luther King Jr.

Ne pourrions- nous pas remplacer l’adjectif Juif ou Noir par Breton?

Martin Luther King:Image de prévisualisation YouTube




Un Breton israélien, André Moisan répond au magazine « le point »

27032008

Nous ouvrons notre site par une tribune libre, un cri du cœur et de la raison face à la désinformation ambiante qui sévit dans les médias Français sur tout ce qui touche de près ou de loin à l’état d’Israël.   

André Moisan, Breton israélien depuis quinze ans, répond avec brio  au dossier qu’a consacré l’hebdomadaire “le point” (N° 1851 du 6 mars 2008)  à l’état hébreu pour les soixante ans de sa renaissance.

Trugarez vras à André pour cet article.

Abonné au Point depuis plus de 20 ans (avant mon arrivée en Israël, en 1993), je m’attendais, en lisant ce gros titre en couverture, à trouver dans un magazine de droite, un reportage intéressant et, pour une fois, équilibré, complet, décent, voire élogieux sur ce jeune pays, « pas comme les autres », pour son soixantième anniversaire. Hélas, amère déception, révolte même, devant la présentation insolente d’un Israël, qui depuis sa « re-naissance » en 1948, lutte pour sa survie, en état de miracle permanent.  Ce que je reproche à ce reportage, d’une façon générale, c’est son total manque d’empathie envers ce peuple. Je sais bien que cela ne se commande pas, mais au moins vos journalistes eussent dû faire preuve d’un minimum d’objectivité et de courtoisie ! Voici, résumés, mes principaux griefs : 

  • Aucune allusion au refus historique, par les Pays arabes, de la Résolution 181 de l’ONU, instituant le partage en deux Etats du territoire de la Palestine (ou de ce qu’il en restait !). Les Juifs ont accepté ce partage, malgré le morcellement ; les Arabes, NON ! Les Juifs ont ainsi pu fonder leur Etat (1947). Par contre, les Arabes ont préféré « le feu et le sang ». Ce fait est capital dans le conflit israélo-palestinien, car de là découlent toutes les guerres qui suivent et qui continuent… 
  • Vous évoquez le massacre de Deir Yassin (alors que les combattants juifs avaient demandé aux Arabes d’évacuer les femmes et les enfants de ce village !), mais vous vous gardez bien de parler des nombreux massacres arabes, comme par exemple celui d’Hébron en 1929… 
  • Vous parlez de la NAQBA palestinienne (700.000 Palestiniens qui fuient leurs villages pour se réfugier dans les pays frères aux alentours). Mais vous vous gardez bien de parler de la « NAQBA » des Juifs expulsés des pays arabes et islamiques (1.000.000, dont les 2/3 trouvèrent refuge en Israël, où ils furent intégrés, sans l’aide de l’ONU ou de l’UNRWA). 
  • « Territoires occupés » (F. Mitterrand préférait dire : « Territoires disputés ») : aucune explication pour vos lecteurs. Il faut pourtant préciser que jusqu’en 1967, il n’y avait pas de Territoires occupés par les Israéliens, néanmoins la guerre existait ! Par contre la Jordanie, elle, « occupait » la Judée et la Samarie (Cisjordanie), de 1948 à 1967, sans l’aval de l’ONU ! Personne ne trouvait à y redire, la Nation et l’Etat palestiniens n’existaient pas encore… A quel Etat appartenait alors la Cisjordanie ? Je vous le demande.
  • Après la victoire contre la coalition arabe de 1967, la Cisjordanie est « occupée » par Israël, mais pas « annexée » comme l’avait fait auparavant la Jordanie. Pourtant l’histoire montre que le vainqueur d’une guerre annexe les territoires conquis (voir l’Alsace et la Lorraine !). 
  • Aucune allusion au « Triple NON » de Khartoum, au lendemain de la guerre de 1967, où les Etats arabes refusèrent toutes négociations de paix avec Israël. 
  • Il est important de préciser que, d’après le Pr Jules Basdevant, ancien Président de la Cour de Justice Internationale, ce terme d’ « occupation », « désigne la présence de forces militaires d’un Etat sur le territoire d’un autre Etat » A quel Etat appartenait ce territoire, puisque l’Etat palestinien n’existait pas ? La Jordanie ? Le Mandat britannique ? Les Ottomans ? 
  • La Résolution 242 (1967) prévoyait un retrait des forces armées israéliennes DE et non DES (ni de TOUS les) Territoires en question. 

Ce détail est capital, mais qu’en sait votre lecteur lambda ? Ce sont ces précisions qui manquent dans votre reportage : elles sont pourtant capitales pour comprendre de façon équilibrée l’origine et la complexité du conflit. Mais mes reproches ne s’arrêtent pas là ! ·         Pourquoi parlez-vous à plusieurs reprises de « l’humiliation des armées arabes vaincues ? Etre vaincu, c’est toujours humiliant, surtout lorsqu’on est l’instigateur de cette guerre perdue ! Sensibilité arabe ? ·         Votre définition du Sionisme comme étant d’abord une révolte contre la fatalité est manifestement réductrice. ·         Ben Gourion, bien que laïc, n’a pas écarté la religion en fondant l’Etat juif, bien au contraire (il avait toujours la Bible à son chevet !). La notion de « Nation juive » et de « Peuple juif » se définissait pour lui par les paramètres suivants : – Une langue ( l’Hébreu qui n’avait jamais cessé d’être parlé) – Une Ecriture ( l’Hébreu qui n’avait jamais cessé d’être utilisé). – Un calendrier divisant l’espace et le temps, sans rapport avec le calendrier grégorien. – des frontières (fixées par l’ONU). – Un drapeau (blanc-bleu, avec incrustation de l’Etoile de David), et un hymne national (Ha TIKVA), et une armée. – Une Religion (le Judaïsme), clef de voûte du Peuple juif.  ·         Pour contrer la Bible, vous ne trouvez pas mieux que de citer Israël Finkelstein, un archéologue israélien, (contesté par ses pairs, mais cela, vous vous gardez bien de le dire). Ce « scientifique » engagé a « découvert » que l’Auteur des Psaumes, « le roi David, n’était pas un grand roi, mais peut-être un chef de bande » ! D’où votre conclusion scandaleuse : « Israël, fruit de la propagande ? A chacun sa Terre promise » ! ·         Passons sur « des chiffres records », mis en encart, en petits caractères (il faut être discret pour ne pas blesser la susceptibilité des Français !). Par contre, une page entière pour la photographie de Ronit Elkabetz, actrice dans le film « La visite de la fanfare ». ·         Passons aussi sur la détresse des nouveaux pauvres (en France aussi, non ?), qui vous permet de conclure : « Le mythe de l’Israël égalitaire s’effondre », rançon d’une économie israélienne d’une insolente bonne santé : Croissance : 4,7 %, Chômage : 6,5 %, budget excédentaire, malgré l’état de guerre permanent ! ·         Vous citez, cela semble vous plaire, un certain Victor Klemperer qui compare le sionisme au nazisme ! Mais Jacques Maritain comme Jacques Ellul, vous ne les connaissez pas ! 

  • TSAHAL : une institution en faillite ? Votre reporter a certainement enquêté dans les milieux resquilleurs antimilitaristes, comme il en existe dans tous les pays du monde. Je connais personnellement, dans mon entourage, une bonne dizaine de jeunes de 18 à 25 ans qui seraient déshonorés de ne pouvoir faire l’armée. La mère de l’un d’entre eux lui conseillait une planque ; celui-ci lui a répondu : « Non ! maman, je veux les commandos de choc, comme mon frère aîné ! » Un enthousiasme et un sens de leurs responsabilités qui m’époustouflent, et un sionisme qui est loin d’être obsolète… 

·         Vos lecteurs ignorent certainement que Tsahal est la seule armée au monde où l’on enseigne aux jeunes recrues l’éthique dans les combats contre l’ennemi… Je constate aussi que de plus en plus de jeunes militaires portent la kippa, le sentiment religieux est toujours présent… ·         Pourquoi, dans votre enquête, éludez-vous complètement le problème religieux ? Le judaïsme est pourtant à l’origine du Sionisme avant la lettre : « Si je t’oublie, ô, Jérusalem, que ma dextre m’oublie, que ma langue se dessèche dans mon palais », ou « l’an prochain à Jérusalem »·         Pourquoi faites-vous silence sur la présence juive continue en Terre sainte, même après l’expulsion en 70, et malgré les persécutions ? N’est-ce pas là un attachement viscéral à leur Terre et donc la meilleure légitimité de la « Re-naissance » de leur Nation ? C’est ici qu’il faudrait citer l’Exclamation de Bonaparte, le 1er floréal an VII de la République Française, dans une « proclamation à la Nation juive » : « …Héritiers légitimes de la Palestine, levez-vous ! Montrez que la puissance de vos oppresseurs n’a pu anéantir le courage des descendants de ces héros qui auraient fait honneur à Sparte et à Rome… Un peuple qui pleure encore, près de 2.000 ans après, sur la destruction de son Temple, est un peuple éternel ! »  Mais revenons à votre enquête et au choix des photographies pour illustrer votre texte : 

  • Pour amuser le gogo, une belle photographie, pleine page, d’un Juif ultra-orthodoxe sur une plage de Tel Aviv, sans doute la photo du siècle ! En 15 années, je n’ai jamais vu un ultra-orthodoxe sur une plage de Tel Aviv ! 
  • A propos de Tel Aviv, justement : une honte ! 12 photographies de la métropole, aussi laides les unes que les autres, et quelles vues ! Ma ville où j’habite avec bonheur, je ne l’ai pas reconnue ! On se croirait dans une banlieue du Tiers-Monde. 
  • Où sont ma « ville blanche », inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO (2003), qui fête cette année son centenaire, ses plages super équipées, bordées sur des kilomètres par la « Taielet » [promenade], son architecture, ses quartiers si sympathiques comme, par exemple, « Neve Tsédek »? Etc.  
  • Et JERUSALEM ? Rien, pas une photo, pas un mot sur la capitale de l’Etat, sur le Mur des Lamentations, sur les synagogues, pas même celle détruite par les Jordaniens, qui jouxtait les deux célèbres Mosquées, lesquelles sont toujours à l’honneur, elles ! C’est à croire que Jérusalem ne fait pas partie d’Israël, n’appartient pas au Peuple juif ! Qui donc l’a fondée ? Quel autre peuple que les Juifs en a fait sa Capitale depuis 3.000 ans ? Sans doute votre journaliste emboîte-t-il le pas aux Nations qui refusent « l’annexion » de la Ville par ses propriétaires légitimes et immémoriaux ! 

  Pour Le Point, si je comprends bien, Jérusalem, capitale d’Israël, ne sera pas partie prenante des festivités du soixantenaire.   André Moisan. 

 Tel Aviv.  

Serge Gainsbourg:

Le sable et le soldat(chanson inédite), ode à Israël:

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« Les Bretons,peuple amical et courageux » David Ben Gourion.

21032008

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Non, ce n’est pas un président de la patrie des droits de l’homme qui a écrit cela, mais un premier ministre d’un « vieux jeune état »; David Ben Gourion.

En 1954, la revue « al liamm » consacre un article sur l’état juif.

L’emsav est particulièrement sensible à la résurrection de l’hébreu comme langue vivante, profane, elle qui fut confinée depuis des siècles comme langue sacrée dans les écoles talmudiques, les yéchivot.

Laissons s’exprimer Per Denez: 

« Ur vro vihan eo Israhel : 700 000 den a oa enni e 1948. D’ar mare-se avat he deus gouezet gounit he frankiz a-enep da zaou eus galloudoù bras ar bed, ar Saozon hag an Arabed. Hag hep gortoz tamm ebet bezañ gounezet ar frankiz politikel, he deus gouezet ivez dasorc’hiñ he yezh, marv abaoe kantvedoù evel prezeg pemdeziek. Ur vro vihan eo Israhel dre niver an dud. Ur vro vras eo dre nerzh-kalon, ha kalz hon eus da zeskiñ ganti. »

« Israël est un petit pays : il y avait 700 000 habitants en 1948. À cette époque, il a su gagner sa liberté contre deux grandes puissances mondiales : les Anglais et les Arabes. Et sans attendre sa liberté politique, il a su ressusciter sa langue, morte depuis des siècles en tant que langue parlée. Israël est un petit pays en ce qui concerne sa population. Mais il est grand, vu sa force de caractère, et nous avons beaucoup à apprendre de lui. »

David Ben Gourion ancien et futur premier ministre, alors ministre de la défense adressa une lettre de félicitation aux rédacteurs de la revue en ces termes:

« Although I am unfortunately unacquainted with the noble Breton language, I will keep that review as a cherished treasure and gift of a friendly and brave people. 21 »

« Bien que je ne parle pas malheureusement la noble langue bretonne, je garderai cette revue comme un trésor précieux et un cadeau venant d’un peuple amical et courageux. »

Voici une phrase que les dirigeants français de droite comme de gauche devraient méditer…

Kenavo

שלום

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Sobibor, destination finale des juifs finistériens,la famille Perper.

12032008

Sobibor (Pologne)


Sobibor fut ouvert en mars 1942. Premier commandant: Franz Stangl. Environ 700 travailleurs juifs furent mis au travail dans le camp. Celui-ci était divisé en deux parties: la section administrative comprenant les baraques où étaient entreposés les biens volés aux victimes, la section d’extermination comprenant entre-autr es les sites de crémation. A l’origine, trois chambres à  gaz utilisant du monoxyde de carbone produit par des moteurs diesel furent construites. Trois autres chambres à gaz furent ajoutées par après. Les opérati ons d’extermination commencèrent en avril 1942. Elles s’arrêtèrent suite à la révolte des prisonniers le 14 octobre 1943. Plus de 250.000 personnes, en grande majorité juives, furent exterminées à Sobibor.

 

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Frantz Stangl, officier SS, commandant du camp.

 

Sobibor fut le second camp d’extermination a être ouvert dans le cadre de l’ « Aktion Reinhard ». Il était installé dans une région peu peuplée mais stratégiquement intéressante car située à proximité des centres de population juive des districts de Chelm et Lublin. La construction du site par des équipes de travailleurs forcés polonais et juifs débuta en mars 1942. L’expérience de Belzec fut prise en compte dans la conception de Sobibor.

Le site était entouré d’un champ de mines, et d’une triple enceinte de fils de fer barbelés comprenant des tours de garde. Il était divisé en une partie destinée à la réception des populations vouées à l’extermination ainsi qu’en trois camps distincts. Le site de réception comprenait un quai pouvant recevoir un convoi de plus de 20 wagons. C’est également à cet endroit qu’étaient installés la section administrative, l’armurerie et les quartiers des SS et des gardes ukrainiens.


Carte du camp d’extermination de Sobibor

Le premier camp abritait les prisonniers juifs utilisés par les gardes ukrainiens. En quittant les quais, en direction du second camp, on pouvait voir les baraques ou étaient entreposés les vêtement et les bagages des victimes. A l’intérieur du second camp, une surface de terrain était entièrement entourée de branchages et de fils de fer barbelés. C’est à cet endroit que les prisonniers devaient se déshabiller avant d’être dirigés à travers un étroit passage vers les chambres à gaz.

Le troisième camp était l’endroit le plus isolé et était entièrement camouflé par des arbres. C’est là qu’étaient installées les chambres à gaz, chacune pouvant recevoir 160-180 personnes. Le gazage se faisait par monoxyde de carbone produit par des moteurs diesels. Les cadavres étaient ensuite retirés des chambres et brûlés dans des fosses spécialement conçues à cet effet.

En avril 1942, Franz Stangl, un officier SS ayant pris part à l’opération d’euthanasie T4, devint commandant du camp. Stangl avait sous ses ordres 20-30 soldats SS, la plupart ayant déjà pris part à l’opération T4. L’équipe de SS était complétée par une compagnie de gardes ukrainiens. De 200 à 300 juifs travaillaient en équipe aux chambres à gaz ainsi qu’aux fosses de crémation.Ils devaient nettoyer les chambres à gaz, arracher les dents en or des cadavres et acheminer ceux-ci vers les fosses.Environ 1.000 juifs travaillaient au nettoyage des wagons et des quai, rassemblant les valises et les vêtements des victimes.

De mai à juillet 1942, près de 100.000 juifs furent gazés à Sobibor. Ils provenaient de Lublin, de Tchécoslovaquie, d’Allemagne et d’Autriche (la plupart ayant transité par les ghettos de Pologne ou par Theresienstadt). Ils arrivaient à Sobibor par train et étaient débarqués sur les quais du premier camp. Les bâtiments construits à proximité des quai étaient conçus pour rassurer les victimes. Les déportés étaient séparés en fonction de leur sexe et de leur âge, les hommes d’une part, les femmes et les enfants d’autre part. Ils devaient remettre leur bagages, se déshabiller puis étaient dirigés vers les chambres à gaz. Les hommes étaient toujours gazés en premier. Le processus d’extermination prenait environ 20-30 minutes. L’extermination d’un convoi de 20 wagons prenait de 2 à 3 heures.

Entre août et septembre 1942, les gazages cessèrent afin de réparer les voies de chemin de fer menant à Sobibor. Le nombre de chambres à gaz passa à cette époque de 3 à 6. Ces nouvelles installations permirent aux SS de gazer jusqu’à 1.200 personnes à la fois, les corps étant toujours brûlés dans des fosses de crémation. Le camp, à présent sous le commandement de Franz Reichsleiter, repris les opérations de gazage en octobre 1942 et ce jusqu’au printemps 1943.

Au cours de cette période, près de 80.000 juifs galiciens, 150.000 juifs du Gouvernement Général ainsi que 25.000 juifs slovaques furent exterminés. En mars 1943 arriva le premier convoi de juifs français. Entre mars et juillet 1943, 19 convois acheminèrent 35.000 juifs hollandais. Dans ses derniers mois d’activité, Sobibor fut également utilisé pour exterminer les populations de ghettos de Vilna, Minsk, et Lida. En tout, on estime que 250.000 juifs furent assassinés à Sobibor.

En juillet 1943, Himmler, qui avait visité le camp en février, ordonna de transformer Sobibor en camp de concentration. Cet ordre signifiait l’arrêt de mort des équipes de prisonniers juifs qui travaillaient aux quais et aux chambres à gaz. Il était évident pour eux qu’étant témoins de l’extermination de dizaines de milliers d’innocents, les SS ne permettraient pas à un seul d’entre eux de rester en vie. Les prisonniers juifs décidèrent donc d’organiser un mouvement de résistance sous les ordres de Léon Feldhendler.

Léon Feldhendler fut aidé par Alexander Pechersky, un juif prisonnier de guerre d’origine russe qui arriva au camp en septembre 1943. La révolte éclata le 14 octobre 1943. Au cours du combat qui s’ensuivit, 11 SS ainsi qu’un certain nombre de gardes ukrainiens furent tués. Près de 300 prisonniers juifs s’évadèrent, mais des dizaines d’entre eux moururent dans le champ de mines entourant le camp et des dizaines d’autres furent repris dans les jours qui suivirent la révolte. En tout et pour tout, seul 50 prisonniers survécurent à la guerre. Le camp fut fermé en octobre 1943 et camouflé en ferme.

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Les survivants de la révolte, après la guerre.

 

Il est à noté que la famille Perper fut arrêtée en octobre 1942 et gazée dès leur arrivée au camp.

Un an après la révolte grondait dans ce camp de la mort,peut-être qu’alors la famille Perper aurait fait partie des cinquante survivants de cette rébellion du désespoir…

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